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Chatbots, publicitaires, influenceurs : le classement de la confiance en France

Ipsos mesure pour la première fois la confiance envers les chatbots IA : 15% des Français leur font confiance, 47% s’en méfient

Le 17 septembre 2026, Ipsos a publié la septième édition de son Global Trustworthiness Index. L’enquête interroge 23 537 adultes dans 31 pays, dont environ 1 000 en France, entre le 19 juin et le 3 juillet 2026. Pour la première fois, elle demande si les chatbots IA sont dignes de confiance. En moyenne, 23% des personnes répondent oui et 40% répondent non.

En France, 15% des personnes interrogées font confiance aux chatbots IA et 47% s’en méfient. Les publicitaires recueillent 9% de confiance, les influenceurs 6% et les responsables politiques 8%. Cet article présente les chiffres, la manière de les lire et les décisions qu’ils inspirent à une marque qui déploie un assistant conversationnel ou de la communication assistée par IA.

Ce que mesure l’index

L’index classe 22 catégories : professions, responsables publics et, pour la première fois, les chatbots IA, les dirigeants de la tech et les coachs sportifs. Les médecins arrivent en tête dans le monde avec 58% de confiance, devant les scientifiques (57%) et les enseignants (53%). Les responsables politiques (13%), les influenceurs (14%) et les publicitaires (15%) ferment le classement. L’écart entre la première et la dernière catégorie atteint 45 points au niveau mondial. Chaque catégorie reçoit aussi la part de personnes qui la jugent indigne de confiance, ce qui permet de calculer un solde net.

Ipsos calcule aussi un indice par pays, qui additionne les scores nets de confiance. La France affiche −2, au niveau du Mexique et devant la Grande-Bretagne (−3). L’Inde arrive en tête (+20). La Pologne et la Roumanie ferment la marche (−17).

Les chatbots IA : une confiance minoritaire

Dans les 31 pays, 23% des personnes jugent les chatbots IA dignes de confiance et 40% les jugent indignes. Dans neuf pays, une majorité leur retire sa confiance. Ipsos précise que ces pays sont anglophones ou européens, ce qui rejoint le scepticisme envers l’IA observé dans son étude annuelle sur les attitudes face à l’IA.

La France se situe sous la moyenne mondiale : 15% de confiance et 47% de méfiance. Les personnes méfiantes sont plus de trois fois plus nombreuses que celles qui font confiance. Cette méfiance reste minoritaire, avec 47% des réponses, sous le seuil de la majorité observé dans neuf pays.

Un usage large, une confiance mesurée

Selon une étude de l’Ifop publiée en mai 2026, 65% des Français déclarent utiliser des outils d’IA générative et 39% le font au moins une fois par semaine. L’index d’Ipsos ajoute une nuance : l’adoption d’un outil et la confiance qu’on lui accorde se mesurent séparément. Une équipe marketing peut donc s’attendre à des clients qui utilisent un assistant tout en vérifiant ses réponses.

Publicitaires, influenceurs et responsables politiques

Les chatbots IA devancent en France trois catégories liées à la communication et à l’influence : les publicitaires (9%), les influenceurs (6%) et les responsables politiques (8%). La méfiance envers ces catégories s’élève respectivement à 59%, 78% et 72%. Les ministres recueillent 10% de confiance.

Les autres catégories placent la France plus haut que la moyenne mondiale : 70% de confiance pour les médecins, 63% pour les scientifiques et 54% pour les enseignants. Les chatbots IA occupent donc une position intermédiaire : au-dessus des métiers de la persuasion, en dessous des professions perçues comme expertes.

Part des personnes qui jugent chaque catégorie digne de confiance, en France et dans les 31 pays de l’enquête

Catégorie Moyenne des 31 pays France Écart
Médecins 58% 70% +12 points
Scientifiques 57% 63% +6 points
Enseignants 53% 54% +1 point
Chatbots IA 23% 15% −8 points
Publicitaires 15% 9% −6 points
Influenceurs 14% 6% −8 points
Reponsables politiques 13% 8% −5 points

Ce que cela change pour une marque

Mise en situation fictive : une enseigne de bricolage déploie un assistant IA sur son site pour répondre aux questions sur les délais de livraison. Elle l’annonce comme « assistant IA » dans le premier message, affiche un lien vers un conseiller humain et cite la page de conditions de livraison dans chaque réponse. Un client méfiant peut vérifier l’information et joindre une personne. Cette organisation répond au niveau de confiance décrit par l’index.

Ces cinq pistes constituent des recommandations éditoriales d’IA & Marketing. Elles s’appuient sur le niveau de confiance mesuré. Leur efficacité reste à tester dans votre contexte.

  1. Annoncer l’assistant. Nommez l’interlocuteur comme un assistant IA dès le premier message. Une confiance minoritaire rend l’ambiguïté coûteuse.
  2. Prévoir un accès humain. Proposez un contact humain visible dans chaque conversation qui touche à un prix, à un engagement ou à une réclamation.
  3. Limiter le périmètre des réponses. Réservez le chatbot aux informations vérifiables et citez la source de chaque réponse qui engage la marque.
  4. Appuyer les messages sur des preuves. Les publicitaires recueillent 9% de confiance en France : des chiffres datés, des avis vérifiés et des conditions claires pèsent davantage qu’un slogan.
  5. Documenter les partenariats. Les influenceurs recueillent 6% de confiance. Indiquez la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale » lorsqu’un créateur est rémunéré.

Notre article Publicité dans ChatGPT : quand l’IA conversationnelle commence à influencer nos choix du quotidien aborde la confiance envers les réponses sponsorisées. Pour les usages qui touchent à l’affectif, lisez Chatbots émotionnels : le design de l’addiction affective est-il devenu un enjeu de responsabilité pour les marques ?. Pour les partenariats avec des créateurs, consultez Meta Creator Marketing Hub : lancement mondial et lives Instagram sponsorisés dès le 29 septembre.

Les scores décrivent une perception déclarée. La catégorie « chatbots IA » regroupe des outils très différents. Ipsos ne distingue aucun produit et aucun usage. Cette première mesure ne fournit pas encore de tendance dans le temps. La marge de précision de 3,5 points pour l’échantillon français ne permet pas de distinguer deux catégories séparées de quelques points, comme les responsables politiques (8%) et les publicitaires (9%). Les écarts comparent la France à une moyenne de 31 pays calculée sans pondération par la population.

Trois indicateurs à suivre après le lancement d’un assistant

Un baromètre national ne remplace pas la mesure de votre propre public. Trois indicateurs donnent une première lecture de la confiance de vos clients :

  • la part des conversations transférées vers un conseiller humain ;
  • le nombre de réclamations liées à une réponse erronée de l’assistant ;
  • la satisfaction déclarée à la fin de la conversation.

Comparez-les avant et après chaque changement de message ou de périmètre.

Ce qu’il reste à suivre

La prochaine édition de l’index dira si la confiance envers les chatbots IA évolue en France. En attendant, l’étude annuelle d’Ipsos sur les attitudes face à l’IA, publiée en juin 2026, décrit l’équilibre entre enthousiasme et inquiétude dans 32 pays. Ces deux sources se complètent pour piloter une communication qui mobilise l’IA.

SOURCES

Sources et pour aller plus loin

Ces ressources ont été consultées le 19 septembre 2026 pour vérifier les informations de cet article.

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Damien LADURELLE

Après un long moment en tant que gérant d'une agence web & communication à Lille, j'ai rejoint les rangs de l'entreprise au poste de Directeur Marketing et Communication dans une holding. Aujourd'hui, j'accompagne TPE & PME dans leur croissance digitale grâce notamment à l'aide des dernières innovations technologiques. Toujours à la recherche de nouvelles façons de se démarquer, d'innover, de dépasser les barrières du "casual".

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